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"Khemissa, secoué par les décharges violentes du maître de foutrée, plaque ses doigts écartés sur ses cuisses moites; la sueur circule dans sa toison noire; les bras du maître de foutrée enserrent son torse; la hanche du maître de foutrée se vide, se remplit contre son rein; le commis lèche la trace du jet sur le mur, il se dresse sur ses orteils; Khemissa étire son sexe vers le bas jusqu’aux lèvres épanouies du commis; une décharge plus vive du maître de foutrée projette Khemissa en avant, son gland touche les lèvres du commis; lequel enveloppe le gland dans sa langue; les cuisses de Khemissa tressaillent contre le rebord; le maître de foutrée tire Khemissa vers l’intérieur…"
Admiration d’Oriane (Bic rose fluo) : etc. etc. J’admire cette écriture hypnotique, cette espèce de logorrhée verbale inspirée, répétitive, obsessionnelle comme le sexe qui vous emporte dans son torrent de mots même si la correspondance entre ces mots et une «représentation» réaliste des scène évoquées reste difficile à établir totalement. Nous sommes ici à la limite de la poésie, près du pouvoir pur des mots… J’aimerais écrire comme ça, avoir cette audace, montrer ainsi la violence du pouvoir et de la politique. Je dois reconnaître que je n’y arrive pas. Mon éducation trop bourgeoise sans doute. Il faut que je réussisse à briser ce carcan. Seulement alors je saurai écrire.
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"J'irais même jusqu'à dire comme Montaigne, à propos de hardiesses pareilles hasardées dans son livre: «En l'estude que je traicte des mœurs et mouvemens, les témoignages fabuleux, pourvu qu'ils soient possibles, y servent comme les vrais.» Le malheur, c'est que le même système d'invention et de supposition, la même méthode de prêts gratuits, de greffes ingénieuses qui font fleurir sur un nom l'esprit ou l'héroïsme germé sous le couvert d'un autre, c'est que toutes ces manœuvres du mensonge ont été mises en usage pour les choses les plus graves de l'histoire, aussi bien et plus souvent peut-être encore que pour ces frivolités, pour ces bagatelles: et cela, toujours à la grande joie du menteur qui tendait le piège, du mystificateur sournois qui riait sous cape du succès de son industrie, et s'en applaudissait d'autant mieux qu'il vous avait leurré pour une affaire plus sérieuse, et vous avait servi une bourde plus vide et plus inutile, au lieu d'une vérité nécessaire.
On ne trompe pas toujours son siècle; mais pour peu qu'on soit imprimé et qu'on ait mis un peu d'art à façonner ses menteries, l'on a pour soi tous les siècles qui suivent. La vérité se dit toujours la dernière, souvent même elle ne se dit pas du tout, tant il y a de gens qui sont de l'humeur timorée de Fontenelle et qui craignent d'ouvrir les mains. Le mensonge, fanfaron bavard autant qu'elle est timide et muette, marche, court, vole cependant: l'avenir est à lui.
C'était bien l'espoir de cet impudent de Paul Jove: «Lequel, dit Guil. Bouchet, estant blasmé de mensonge en son histoire, le confessa, ajoutant néanmoins qu'une chose le confortoit, qui estoit l'assurance que dedans cent ans il n'y auroit escrit aucun, ne personne qui dist le contraire de ce qu'il avoit mis en son livre; et par ainsy que la postérité croiroit tout ce qui estoit couché dans son histoire.»"
Admiration d’Oriane (crayon de papier orange): je suis fascinée par toutes ces modifications de la vérité, accessoirement de l’histoire, que permet la fiction. Story telling, racontez une histoire, au bon endroit, au bon moment, diffusez-la par le bon canal et elle devient vraie et, par cette vérité acquise, modifie la vie donc l’histoire elle-même. Le Général était assez bon pour lancer ou faire lancer des légendes vraies de ce genre et manipuler ainsi l’opinion en sa faveur. Sa disparition est, en ce genre, son chef d’œuvre.
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"In titloque in tinahuaque nimitzontlaocolnonotzaya, nelcicihuiliz mixpantzinco noconiyahuaya, ninentlamati in tlalticpac ye nican nitlatematia, ninotolinia, in ayc onotechacic in pactli, in necuiltonolli ye nican; tlezannen naicoyc amo y mochiuhyan, tlacazo atle nican xotlacueponi in nentlamachtillia, tlacazo zan ihuian in motloc in monahuac; Macuelehuatl ma xicmonequilti ma monahuactzinco oc ehuiti in noyolia, ninixayohuatzaz in motloc monahuac tipalnemohuani."
Admiration d’Oriane (encre très noire): je ne comprends rien à cette langue et pourtant sa musicalité m’enchante (ou du moins celle que la transcription graphique me laisse supposer). Il y a ainsi dans tout usage du langage un pur plaisir du son. Comment intégrer des fragments lettristes dans un roman qui, somme toute se veut réaliste.
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Un chêne était sur la cime hautaine Du mont Ida, roi des monts d'alentour ; Un aigle était sur la cîme du chêne ; Près de l'Olympe il y tenait sa cour. A l'improviste apparaît, un beau jour, Maître escargot, fier d'être au milieu d'elle. Des courtisans l'œil ne se croit fidèle. L'un d'eux dit : "Me serais-je trompé ? Insecte vil, toi qui jamais n'eus d'aile, Commens vins-tu jusqu'ici ?" -"J'ai rampé."
Admiration d'Oriane (Bic orange): j'ai toujours adoré les épigrammes et surtout la méchanceté dont ils font preuve, celui-ci me paraît en plus tellement juste!… Il suffit comme moi d'avoir été un temps puissante pour s'en rendre compte. A combien de soi-disant amis de mon entourage du temps où le général était au pouvoir n'aurais-je pas pu envoyer ce texte. De plus, je suis certain qu'ils auraient feint d'en rire…
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"… je voudrais ne pas couper du tout. Comprenez-moi : je voudrais tout y faire entrer, dans ce roman. Pas de coup de ciseau pour arrêter, ici plutôt que là, sa substance. Depuis plus d’un an que j’y travaille, il ne m’arrive rien que je n’y verse, et que je ne veuille y faire entrer : ce que je vois, ce que je sais, tout ce que m’apprend la vie des autres et la mienne." Admiration d’Oriane (crayon rouge gras) : Marc Hodges encore, décidément. décidément tout a déjà été tenté… mais Gide n’avait alors à sa disposition que le livre, espace fermé et linéaire de publication. Marc Hodges dispose du multimédia, du non-linéaire et, bien mieux encore, d’Internet, ce qui change tout.
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